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Mathieu Tazo explore le traumatisme d’enfance


Interview dans Var Matin – 2 juin 2014

Livre – L’auteur de la Dynamique des fluides a choisi de confronter deux jumeaux qu’un traumatisme sépare

La Dynamique des fluides est le premier roman de Mathieu Tazo. Il y explore le traumatisme de l’enfance de deux frères jumeaux et de leurs conséquences. Un concentré d’émotions et de péripéties que l’on dévore d’une traite.

IMG_4024Comment est née l’idée de ce livre?
Je me suis demandé comment deux êtres identiques pouvaient évoluer différemment sous le poids d’un même événement. J’aime beaucoup l’idée de « parcours d’une vie » : qu’est-ce que l’on devient? Comment on le devient? Quelles sont les cicatrices qui nous marquent? J’ai trouvé l’idée de cet accident d’avion, tiré d’un événement réel qui a eu lieu en 1989, Je trouvais cet accident assez incroyable : une porte qui s’ouvre, neuf passagers qui sont happés, le pilote qui arrive à poser l’appareil. Je me suis demandé ce que ça pourrait donner si des jumeaux de dix ans survivaient à un tel accident en perdant leurs parents.

Que ressentez-vous vis-à-vis de ces personnages, de ces jumeaux?
Je ressens une certaine affection pour eux car ils ont tous les deux des personnalités plus compliquées que celles qu’ils donnent à voir au premier abord. J’apprécie le fait qu’il y ait une évolution dans le roman. Dimitri est la personnalité principale au début et, au fil des pages, Théodore prend les devants et Dimitri va se cacher derrière son frère.

On remarque l’importance de la notion d’angle de perception dans le livre. Est-ce un fil conducteur?
C’est une notion à laquelle j’attache de l’importance. J’ai beaucoup joué aux échecs quand j’étais plus jeune et, finalement, aux échecs, dans toutes les situations, il y a toujours un angle différent qui permet de trouver une solution. Et, dans la vie, quand on voit tout sous un même angle, on manque l’angle mort. C’est vrai qu’entre les différents personnages dans le livre, il va y avoir une mise en complément des points de vue.

La « part d’humanité » dépend-elle de « l’angle de perception » qu’on a vis-à-vis des personnages?
On considère souvent qu’on est humain parce qu’on a une capacité à prendre un recul sur soi-même, à savoir que l’on est une personne. Au final, je trouve que c’est très réducteur. Ce sont nos émotions – le fruit de notre histoire- qui font de nous des humains. Tous les personnages sont tous plutôt figés dans leur rôle et puis ils évoluent sous la force de leurs propres émotions, qu’elles soient négatives ou positives.

La neutralité de l’écriture et la rapidité du rythme se font-elles l’écho de la détresse cachée et de la confusion que ressentent les jumeaux?
J’avais envie d’écrire dans l’action, pas dans la description, d’exprimer les idées et les émotions via les actions. L’écriture se veut légère pour éviter le pathos. L’idée, c’est de faire ressortir l’évolution des personnages par l’action.

Des projets à venir?
Je travaille sur mon deuxième roman. Il se passe dans le sud de la France. Un homme revient vivre dans un petit village et, au moment de la campagne municipale, il fait un discours sur la place du village. Un gendarme l’interpelle et lui demande s’il autorisera l’ouverture de l’enquête sur le meurtre de son père, il y a vingt ans. Le futur maire accepte. Sauf que c’est lui qui a tué le père du gendarme.

 

 

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