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Interview dans l’Impact par Fabrice Lo Piccolo


A l’occasion de la sortie de son second roman : « Un caillou dans la chaussure », Mathieu Tazo, auteur varois, était en séance de dédicaces à la Librairie Charlemagne de Toulon. Votre magazine préféré l’a rencontré.

Lien vers l’interview sur limpact.fr

Propos recueillis par Fabrice Lo Piccolo

Mathieu, comment décririez-vous votre roman à nos lecteurs ?
Il s’agit d’un roman noir sous le soleil provençal, sur la responsabilité d’un homme qui porte en lui un événement dramatique de son passé et qui se voit offrir la possibilité de l’assumer. Mais cette responsabilité n’est pas neutre quand on est fils, mari et père et que les conséquences peuvent être lourdes à assumer pour soi et pour les siens.
Après vingt-cinq ans d’absence, Samuel Marion quitte Paris pour revenir vivre auprès de sa mère à Barjance, ce village du Haut-Var plein des souvenirs heureux de son enfance. Il décide d’en devenir le maire, un maire ambitieux qui remettra cette bourgade isolée sur le chemin de la modernité.
Mais le gendarme du village profite de l’élection du nouveau maire pour rouvrir l’enquête sur le meurtre resté inexpliqué de son père en 1989, poussant alors Samuel Marion vers le piège de ses propres contradictions, entre souvenirs périmés et faux-semblants assumés.
Car l’assassin, c’est lui et l’événement extraordinaire d’une vie ordinaire ressort enfin, tel un caillou hérité d’un passé trouble qui fait boiter son auteur.

Le roman se déroule à Barjance, village « imaginaire » du Var, votre personnage a le même âge que vous : quelle est la part de biographie et la part de fiction dans cette œuvre ?
La part de biographie porte sur le village et celle de fiction sur les personnages et les événements. Le village de Barjance est inspiré de Comps-sur-Artuby, dans le Haut-Var, où ma famille est établie depuis plusieurs générations et où j’ai passé toutes mes vacances d’enfant et d’adolescent. Depuis la sortie du roman, plusieurs Compsois m’ont d’ailleurs dit qu’ils avaient bien reconnu leur village !
Ensuite, le roman est écrit à la première personne et le narrateur est un homme de mon âge, père de famille. On pourrait donc croire qu’il y a beaucoup de moi dans Samuel Marion mais ce n’est pas le cas?! Cependant, j’ai essayé de me mettre à sa place et de réfléchir comme lui, en cherchant à montrer sa résolution à sortir d’une contradiction qu’il avait créée.

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Quels messages souhaitez-vous faire passer à travers la réflexion de Samuel, qui semble vivre « la crise de la quarantaine » ?
Les décisions que l’on prend et la hauteur de leur enjeu sont un bon révélateur de notre véritable valeur morale. Les réflexions que Samuel Marion égrène au fur et à mesure du récit montrent de quel bois il est fait alors qu’il est confronté au choix le plus dur.
Samuel Marion est un personnage chez qui tout relève de la plus parfaite banalité mais qui ne l’est pas, malheureusement pour lui. Personne ne peut dire qu’il est fier de tout ce qu’il a fait, on a tous en nous quelques petits secrets qu’on garde bien enfouis. Dans le cas de Samuel Marion, ce secret du passé est poussé à son paroxysme car il s’agit d’un meurtre qu’il a la possibilité d’assumer. Mais ce choix s’inscrit dans un contexte dans lequel on peut tous se retrouver (espoir d’avenir, protection de sa famille, envie de reconnaissance et de réalisation, amour contrarié… ) et qui pèse souvent plus lourd dans la décision que la morale du bien.

Tout comme votre premier roman « La dynamique des fluides », « Un caillou dans la chaussure » se déroule sur fond d’enquête, pourquoi ajouter cet élément à vos récits ?
Je souhaite en effet que l’intrigue du roman se noue autour d’une enquête car cela apporte un fil conducteur et une tension à même de faire progresser le récit. La mort est la grande affaire de la vie et quand elle est donnée par quelqu’un, on touche au cœur de ce que l’homme peut faire de pire. Suivre les progrès d’une enquête sur un meurtre me permet ainsi de centrer l’histoire sur un enjeu fort. A ce titre, je suis un grand admirateur de Sébastien Japrisot (La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, L’Eté meurtrier…) qui était passé maître dans l’art de l’enquête et du scénario à énigmes, à l’écriture implacable, bourrée d’humour. Il est l’auteur qui m’inspire le plus.

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